3. Magie rouge

par Aemarielle | Les épisodes | 0 commentaire

Tu veux peut-être (re)lire l'épisode 2 avant d'attaquer celui-ci ?

Héria revient rapidement, serrant contre elle l’objet de sa convoitise. Elle marque un temps d’arrêt pour contempler Alaia, qui s’est installée sur le flanc, cuisse relevée dans une pose aguichante. D’un mouvement machinal, la matrone caresse la hampe lisse et légèrement luisante sous la lumière tamisée de la chambre.

Alaia observe l’olisbos. Elle n’en a jamais vu de pareil ici. La pierre d’un vert tendre a été polie avec soin, et sa base plus épaisse semble couverte de gravures indéchiffrables. Le phallus en lui-même est sculpté à l’effigie d’une créature, mais Alaia ne parvient pas à l’identifier.

–  Je peux le voir de plus près ? Demande-t-elle.

Héria la rejoint sur le lit et pose le jouet devant Alaia, presque cérémonieusement.

–  Prends garde à ne pas l’abîmer, c’est tout ce que je te demande. Nebsen en ferait un ictère.

Alaia soulève l’objet avec précaution. Le phallus est doté d’une courbure idéale. La créature sculptée en guise de membre viril ressemble à un crocodile du Nelos, mais sa tête, à l’emplacement du gland, est plus allongée, plus délicate. L’artisan à l’origine de cette merveille a pris soin de graver des écailles tout du long. La pierre est soyeuse sous ses doigts et de la chaleur en émane. La devarah est impressionnée. L’olisbos déborde d’hekâ : de la magie rouge, infusée par des mains expertes.

–  Incroyable, murmure-t-elle.

–  Je l’adore. Nebsen en a rapporté d’autres, chacun avec sa particularité. Certains sont terrifiants. Mais celui-ci, j’ignore pourquoi, je ne peux pas m’empêcher d’aller le chercher.

Alaia hoche la tête. L’hekâ que contient l’olisbos est un concentré de magie sexuelle. Pas étonnant qu’Héria, seule et négligée par son époux, soit une cible de choix pour ce séduisant reptile. Qui l’a conçu et dans quel but ? Impossible à dire. Sous ses doigts, le reptile pulse, chauffe, supplie. Comme s’il percevait le feu en elle et le désirait ardemment. Une étincelle naît au creux des cuisses d’Alaia. Si seulement elle venait pour lui.

–  Caresse-toi, conseille-t-elle à Héria. Je me prépare et je m’occupe de toi.

Alaia chevauche l’olisbos et s’assied dessus, sous le regard fiévreux de la dame. Le membre glisse parfaitement en elle et tout de suite, l’hekâ lui envoie des ondes caressantes. Contre sa chair, les écailles la stimulent, donnent l’impression de s’animer. Une langue bifide se promène en elle. Alaia adapte le mouvement de ses hanches, s’empale un peu plus loin sur la hampe. D’abord, elle tente d’analyser le fonctionnement de l’objet, ses réactions, mais très vite, elle se laisse porter par le plaisir furieux que lui offre le reptile, elle tend les bras vers Héria qui l’observe avec fascination et l’étreint sauvagement. Toutes deux roulent sur le lit. Alaia laisse l’olisbos prendre le contrôle. Celui-ci fusionne avec sa chair, disparaît dans son ventre avant d’en émerger, turgescence verte et brillante sur son ventre cuivré. En elle, Alaia perçoit une présence, un appétit. Une manifestation d’hekâ rouge, du désir brut.

Héria se trouve allongée sous elle, le cœur battant, les cuisses relevées. Alaia la pénètre avec avidité. Elle se régale des gémissements, des cris de plaisir de la matrone qui l’appelle encore plus profondément en elle. La magie rouge surgit par vagues, emplit son sang, noie ses sens. Elle ne voit plus Héria. À la place, sous ses yeux, une femme à la beauté sauvage, aux yeux lumineux et aux crocs pointus l’observe en souriant. Sa chevelure enflammée s’étale autour d’elle, ses bras caressent ceux d’Alaia.

"Pas trop, mon enfant. Tu ne veux pas la tuer."

La voix déclenche l’orgasme. Alaia laisse s’échapper l’hekâ dans un râle. Sous ses hanches, Héria n’est plus que soubresauts et ruades, avant que son corps ne lâche. Alaia s’effondre sur elle, trempée de sueur, avec l’impression que l’air se déforme sous la chaleur que dégage sa peau. Pendant quelques instants, elle distingue d’étranges motifs lumineux le long de ses doigts, qui remontent sur ses bras. Puis un voile tombe devant ses yeux.

Alaia rouvre les paupières et trouve Héria profondément endormie contre elle. L’olisbos repose sur les draps, aussi rutilant que s’il n’avait jamais été utilisé. La magie rouge flotte toujours dans l’air autour d’Alaia. Celle-ci se penche à l’oreille de la dame.

–  Tu dormiras jusqu’à mon retour, du sommeil le plus doux et le plus profond que tu aies connu.

Il faut quelques instants à Alaia pour recouvrer ses sens complets et l’usage de ses jambes, mais une fois remise, elle se sent étonnamment bien. Son esprit est parfaitement reposé, ses sens sont en éveil. Elle récupère la clé dérobée par Héria. Si toutes les pièces de la collection de Nebsen sont aussi précieuses que cet olisbos, rien d’étonnant à ce que Them l’ait chargée de la visiter.

À suivre...

Deux femmes nues sur un lit, en plein ébat. L'une d'elle est en extase, la tête et les bras dans le vide.

Notes de l'autrice :

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