10. Incontrôlable

par Aemarielle | Les épisodes | 1 commentaire

Hop hop hop ! As-tu lu l'épisode précédent ?

Tout se déroule très vite.

À l’instant où l’hekâ envahit le sang de Bokor, Alaia mesure l’étendue de son erreur. L’esprit de l’homme glisse en torpeur sous l’effet de la magie istarienne, sa volonté s’effrite. Et soudain, quelque chose surgit, une force animale, affamée, primale. La présence s'impose avec la puissance du Nelos en crue. Le corps de l’humain grandit encore, les muscles s’hypertrophient. Bokor pousse un rugissement où rage et joie s’expriment à l’unisson. Sa main disproportionnée s’empare de la masse.

Alaia a juste le temps de s’écarter à l’instant où la bête s’élance droit vers Them, Le coup propulse le voleur contre le mur. Alaia entend un craquement sinistre. L’arme s’abat ensuite sur Kimbra, dont le bras levé en bouclier n’offre aucune protection contre la rage sanguinaire de Bokor. Le jeune homme contemple le vide, les yeux grands ouverts. Figée sur place, Luxatari ne voit pas venir sa fin. Sa tête se fend sous l’impact. Bokor, ou plutôt l’esprit qui possède son corps, se déplace avec une rapidité déconcertante. Niz a plus de chance que les autres. Il réussit à prendre la tangente et disparaît dans le dédale des entrepôts.

Bokor s’en désintéresse, lâche sa masse et plonge ses crocs dans la poitrine de Lux. Alaia entend un horrible bruit de mâchoires, d’os brisés quand le démon extirpe le cœur dans un mâchonnement grotesque. À quatre pattes, il mange sans quitter Alaia de ses yeux rougeoyants. Son grognement ressemble presque à un ronronnement de lion. Une écume écarlate s’écoule de sa bouche. Pétrifiée, Alaia ne parvient pas à détacher le regard de la scène. Lux, Them, Kimbra… Tout le monde est mort.

Bokor a terminé son repas. Le sang de Luxatari forme une pellicule brillante sur sa peau sombre. Lorsqu’il se redresse, Alaia perçoit la puissance de l’esprit qui vit en lui. Son aura suinte par tous ses pores.

–  Calme-toi… murmure la devarah. Calme-toi…

L’hekâ circule toujours dans les veines de Bokor. Dans des circonstances normales, Alaia n’aurait aucun mal à influencer sa victime par la voix. Mais le démon ne réagit pas comme un humain à la magie d’Istara. Il offre un sourire tous crocs dehors à Alaia et caresse son aine, révélant une érection impressionnante.

–  Fille d’Istara… grogne la bête. Tu ne m’endormiras pas aussi facilement.

La voix n’a rien à voir avec celle de Bokor. Elle roule et tonne avec un écho surnaturel.

D’un bond, la créature est sur elle et referme ses doigts griffus autour de son cou. Dans un relent écœurant, sa langue couvre les joues d’Alaia du sang de Luxatari. Bokor la plaque contre un mur et colle sa virilité contre son bassin.

–  Enfin libre… Tu m’as rendu grand service, petite devarah. Tu mérites mes honneurs.

Bokor écarte les cuisses d’Alaia si fort qu’en dépit de sa souplesse, elle pousse un cri de douleur. Elle sent le sexe avide de la créature s’insinuer en elle. Par instinct, elle laisse son hekâ adoucir la sensation. Elle accueille le démon en elle, pose ses mains sur les épaules puissantes et se concentre. Quand il aura terminé son œuvre, il lui fera subir le même sort qu’à Them et Lux. Elle doit le rendormir à tout prix.

Le démon ne cache pas sa jubilation, il donne de puissants coups de boutoir et de la vapeur s’échappe de sa bouche. Alaia enserre ses cuisses autour de ses hanches et en appelle à son sang. Le sang ancien d’Istara, la maîtresse des plaisirs les plus indicibles, du sang et de la guerre. Son sexe réclame, exige, absorbe. Elle récupère le flux de magie rouge qui inonde Bokor et le fait sien. Dans sa main gauche, une pulsation. Le rubis vibre de joie dans sa paume.

–  Rendors-toi, je te l’ordonne.

Soudain, un symbole lumineux apparaît sur le front de Bokor. Alaia n’en connaît pas le sens, toujours est-il que les yeux de la créature perdent leur éclat. Le démon s’insurge, renâcle, tempête, puis s’éteint. Bokor exhale de la fumée et glisse de tout son poids par terre, entraînant Alaia dans sa chute.

Le guerrier inconscient pèse lourd. Alaia peine à se dégager de son étreinte. Quand elle y parvient, tremblante, le cœur au bord des lèvres, sa gorge rencontre le fil d’une épée. Deux personnes se tiennent debout devant elle et la scrutent. Un homme de haute taille, vêtu comme un soldat de haut rang et une femme en tenue de cuir, qui la tient en respect de la pointe de sa lame.

C’est vraiment une soirée catastrophique.

À suivre...

Un homme à l'allure de démon, cornu et musclé, est penché sur le corps d'une femme éventrée.

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1 commentaire

  1. Nathalie Bagadey

    Alors là, j’avoue que je ne m’y attendais pas !! 😱 Bon, je les aimais pas, Them et Lux, mais quelle fin atroce…
    Et pas cool pour Alaia, heureusement qu’elle a des ressources !
    Mais décidément, il lui en arrive des péripéties, ce soir-là ! 😅
    Hâte de savoir qui sont ces nouveaux venus : amis ou ennemis ? Et j’aime que ce soit la femme qui tienne l’épée, ça renverse les codes habituels. 💪

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